03 mars 2007

La Gamède mède mède ... et les bidons don don !

Cette phrase sur un air connu est d'un auditeur anonyme d'une radio libre bien connue de l'Île et elle m'a beaucoup plu !
Oui, les bidons vont servir encore longtemps après le passage de Gamède, le temps que soient rétablis tous les approvisionnements en eau qui ont souffert.
En débutant par déplorer les pertes humaines que nous avons vécu, je ne m'étendrais pas longtemps sur les décisions officielles "on ferme la route, on ouvre la route, c'est pas du niveau alerte rouge mais çà y ressemble pour les connaisseurs,...", voyons plus loin, c'est plus important et çà durera plus qu'un préfet - on les use très vite à La Réunion J - puisque çà se reproduira, ce n'est pas comme eux qui sont vite "appelés à d'autres fonctions".
Oh, la canalisation a été arrachée ! Oh, les fils sont tombés ! Oh, il n'y avait qu'un pont ! Oh, il n'y a qu'un dépôt pétrolier ! Oh, tout passe par le Port !
Mais on découvre la Réunion ou quoi ? On se réveille enfin ?
Si cela pouvait être vrai.
Un exemple parmi d'autres : il y a plus de 30 ans que les principes des stocks de produits pétroliers de sécurité ont été instaurés en France. Ils ne semblent pas avoir été mis en place à La Réunion, on parle même d'étendre la capacité du dépôt de la Pointe des Galets !
Pour avoir travaillé dans ce secteur dans des pays au climat et aux routes encore plus hostiles que les notres, je peux vous dire qu'y pallier n'est pas un chantier pharaonique ! Un dépôt intermédiaire côtier pour une desserte locale n'a même pas besoin de port, le tanker caboteur reste à moyenne distance du rivage et pousse le produit avec ses propres pompes au travers d'un flexible le reliant au dépôt.
Les transporteurs longue distance ne seraient même pas réduits au chomage technique puisque l'on peut continuer l'approvisionnement par noria de camions quand c'est pratiquable (ou la nuit) - c'est le cas des produits "nobles" (les lobbies pétroliers n'osent pas dire "chers" comme pour le sans-plomb et ils ne veulent pas en perdre une goutte dans les tuyaux).
Qu'attend-on pour en implanter au Sud, au Nord-Est (desserte de Gillot !) ?
Et des emplois pérennes de créés pour l'exploitation, payés facilement sur l'économie globale qui part autrement en fumée sur les routes encombrées ou impraticables.
Mieux encore, pour des opérations d'urgence, des bacs souples de grande contenance existent qui peuvent être remplis de la même façon le temps que les moyens de communication soient rétablis.
Et pour tout le reste qui pose problème, les simulations de fonctionnement en mode dégradé ? C'est compliqué à faire ?
Une route de moyenne altitude pour doubler le pont de la Rivière Saint-Etienne, c'est tellement évident. En zone tropicale un réseau routier non maillé, sans alternatives valables sur un territoire comme le notre, c'est du suicide économique !
Et les réseaux aériens, l'investissement pour les enfouir ne serait-il pas vite rentabilisé ? Ne créerait-on pas là des emplois pour une durée au moins égale à celle envisagée actuellement pour le BTP ? Surtout que les services et les usages de ces réseaux sont en pleine expansion, et ce pour un avenir assez long, et qu'ils font de plus en plus partie des indispensables de notre quotidien, électricité comme téléphone-internet.
Tout çà pour vous dire que je crois revenir à la case départ (voir premiers articles) où tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut agir, mais que les divergences vont vite apparaître.
Ou alors comme Gamède "Gone with the wind" dans 10 jours qui en parlera encore ?
Et notre fatalisme nous fera prendre comme d'habitude notre mal en patience pour traverser le pont unique, la route du littoral basculée,... sans que les actions urgentes ne soient entreprises, puisque le soleil sera revenu, que les légumes repousseront et que tout ira à nouveau très bien ... madame la Marquise.
Me prendrais-je pour Don Quichotte ? Comme lui suis-je un peu fou ? Sans doute, mais le peu de lucidité qu'il me reste me fait penser que l'on n'a pas encore pris le chemin du développement très durable !

2 commentaires:

Jean-christophe Rey a dit…

Cher penseur,
C'est vrai que nous n'en sommes pas à une abérration, j'aime bien cette idée de réserves pétrolières alimentées directement depuis la mer. Mais il faut aussi que "l'île" réfléchisse à être un peu plus autonome, en matière énergétique, bien-sûr, mais aussi dans d'autres domaines.. Et si la tempête durait plus longtemps ? Et si une catastrophe quelconque nous privait de liens avec notre chère métropole ?? que ferions nous ? S'il est une dépendance contre laquelle il faut se prémunir c'est bien de celle-ci. En attendant, il semble à minima nécessaire d'équilibrer, comme tu le suggères, la répartition des ressources "externes" dans les différentes régions de l'île. Si les deux ponts étaient tombés, la galère du ravitaillement du sud aurait été certainement terrible. Enfin, comme toujours, on est toujours dans la réaction mais très peu dans l'anticipation. c'est l'humo-économicus qui me semble fonctionner de cette façon, le projet s'il doit exister dans la tête de nos chers politiques est toujours conditionné par des enjeux économiques. Les moyens ne sont pas au service des objectifs, mais constituent des objectifs en eux-mêmes. Ce qui génère les problèmes qu'on connait.

Kristofe

Tasha a dit…

This is great info to know.